Après avoir renvoyé notre équipement de randonnée et nos affaires inutiles pour un total de 16kg par la poste (ne faites jamais ça depuis hors-Europe, c’est bloqué depuis sept semaines à la douane belge), nous étions prêts à quitter Reykjavik plus légers.
Avant de nous lancer dans cette aventure, nous nous sommes rendus à la maison Laxness, écrivain islandais le plus influent qui a reçu le prix Nobel de Littérature en 1955, qui a construit, meublé et décoré sa maison avec goût et de façon avant-gardiste tout au long de sa vie. Façon design danois années 60-70. Et fait assez contrastant avec le reste de l’Islande, pays plutôt inintéressant sur le plan architectural, qui semble se concentrer sur les aspects fonctionnels d’une maison, temps rude et activité sismique obligent.


Nous avons ensuite commencé notre grande traversée par ledit « golden circle » (le cercle d’or) qui regroupe les quelques attractions touristiques à ne pas manquer aux alentours de Reykjavik: Thingvellir, Geysir et Gulfoss.
Thingvellir
Parc naturel qui se développe sur la même faille tectonique (entre Europe et Amérique) que le pont entre deux continents . A la différence, qu’ici, la faille fait près de 6 km de large ☺️ En plus des falaises impressionnantes se détachant du paysage, on peut y admirer une faune et une flore particulière.


Le site est aussi chargé d’histoire puisque c’est à cet endroit que le premier parlement a été fondé en 930, que la première église chrétienne a été construite en l’an 1000 et que l’indépendance de l’Islande à été déclarée en 1944 ! Aujourd’hui un drapeau y marque l’emplacement des tournants historiques islandais.

Geysir
Site géothermal incontournable, Geysir, comme son nom l’indique, regroupe une trentaine de geysers et sources chaudes.


Le plus connu et le grand geyser, nommé Geysir, ne crache que lors de certaines éruptions volcaniques (la dernière fois au début des années 2000), mais peut monter à plus de 100m de haut. Celui qui attire autant les touristes, c’est le geyser Strokkur qui monte à une vingtaine de mètres et qui jaillit toutes les 8 à 10 minutes.

Gullfoss
L’une des casacades les plus connues d’Islande ! L’eau de la cascade est engloutie dans une fosse pour ensuite continuer le cours de la rivière en angle droit… Très particulier et encore une fois, nous sommes impressionnés par la force de l’eau ! Clairement le site le plus impressionnant du Golden circle.


Secret Lagoon
Bien loin de la popularité du Blue Lagoon, moins belle mais moins chère, cette piscine d’eau géothermale s’impose comme une pause détente avant d’entamer la suite de notre périple 😁

Après le cercle d’or, nous nous sommes lancés à l’assaut des Highlands. C’est le nom générique que les Islandais donnent à ces « hautes terres » totalement inhabitées. Désert, montagnes, glacier, cours d’eaux dans leur lit naturel, tout y est, la nature et l’aventure à l’état pur. S’il y a bien une chose pour laquelle on s’était préparé et qu’on ne voulait pas manquer c’était ce défi de taille: la traversée des Highlands par la F26, piste balisée au beau milieu d’un no-mans land qui passe entre les deux grands glaciers…


Alors que nous avions le vent dans le bon sens, une météo indulgente (indispensable pour arriver à relever ce défi) et de la bouffe sèche et liophilisée pour 10 jours, voilà qu’arrivés sur la F26, au Highlands Center Hotel (dernier site de vie avant le désert sur notre itinéraire de 350km sans magasin), on nous annonce que la route F26 est fermée plus loin… En effet, les rivières et la fonte glacière accélérée s’en mêlent. Les deux plus grandes rivières glacières à traverser sont infranchissables depuis 2 jours, même pour les gros camions 4×4 des rangers.


Très déçus, nous rebroussons chemin et nous empruntons un itinéraire bis qui nous permet de traverser les Highlands entre les deux petits glaciers en rejoignant la route 35.



Avant d’arriver sur cette piste numéro 35, balisée et empruntée par une centaine de voitures 4×4 chaque jour, on décide de prendre un chemin un peu foufou qui nous envoie 4 jours sur des pistes non-entretenues, quasi non-utilisées, pleines de graviers et de sable quand elles ne sont pas remplies de rochers !



En 3 jours nous n’avons pas vu plus de 5 voitures… Le dénivelé positif abrupte nous a plusieurs fois obligés à pousser chaque vélo sur une centaine de mètres. Trop lourd pour être poussés sur des pentes à 30%, on s’y met à deux, un vélo après l’autre. 😂 Pour redescendre, autant vous dire qu’Annemich a amélioré ses compétences VTT 😜 Et les traversées de rivières, qu’on ne compte plus, nous ont appris pas mal de choses: entre autres que l’eau glacière pique comme des lames de couteaux lorsqu’on sort de l’eau et pas quand on la traverse…et que le vélo flotte quand c’est profond, grâce à l’air dans sacs…

A mi-chemin de ces 3 jours de désert, nous avons rencontré Bjarni, un chasseur islandais venu chasser l’oie aux pattes roses dans la région et qui dormait au même refuge non-gardé que nous. Nous l’avions déjà croisé sur la route à bord de sont 4×4 modifié quasi plus grand que la hutte… Bjarni a été formidable avec nous. Dès le matin, il nous a offert un petit déjeuner de chasseur (truite fumée, pain noir et œufs avec du café) et nous a proposé de nous enmener à bord de son bolide de l’autre côté de la grande rivière à traverser ce jour-là…


Nous avons bien sûr accepté son offre pour vivre l’expérience islandaise d’un moment en 4×4 dans les Highlands ! Et nous avons bien fait parce qu’au final, Bjarni nous a déposés 40km plus loin au milieu du désert 😜



Après cette étape plus courte nous étions remontés à bloc pour ce qui a été la plus dure journée de l’année de vélo d’Annemich. Mauvaise nuit, prise de tête, vent, pluie, dénivelé, pierres et rochers, rivières glacières, piste infinie et paysages similaires de bout en bout… Une dure journée avec un petit craquage aux larmes en sortant de la rivière !




Arrivés à la F35, nous avons retrouvé quelques touristes équipés de 4×4 capables de venir voir les sites géothermaux des Highlands. C’est à Kerlingarfjoll que nous ont retrouvés nos amis américains Brian et Caitlin que nous avions rencontrés sur le trek Laugavegur. Nous avons passé 2 jours avec eux pour faire une pause, visiter le site et manger ensemble toutes les bonnes choses qu’ils nous ont apportées ! De vrais équipiers de ravitaillement !





Arrivés sur la F35, le temps et surtout le vent sont avec nous ! En 3 jours de plus nous avons réussi à rejoindre la route 1 à Varmahlid et prendre un bus pour Akureyri, la seconde plus grande ville d’Islande ! Retour à la civilisation !








C’est donc la fin de cette épopée de deux semaines à travers les Highlands ! Ce fut dur, mais on est fier de l’avoir fait ! Après quelques jours de repos à Akureyri, on part ensuite à la découverte du Nord de l’Islande… Il reste une semaine de voyage à ce moment précis. On espère encore voir deux icônes islandaises qui nous ont échappé jusqu’à présent : aurore boréale et baleines. Verra, verra pas?
Ce sera pour la prochaine étape de ce morceau de journal post-voyage, qui nous permet de retourner avec plaisir en vacances cérébrales. Alerte phrase bateau mais tellement vraie: il y a un mois seulement mais déjà si loin… 😃
À très bientôt,
Annemich et Max