Treks Laugavegur + Fimmvörduhals

Le Laugavegur est Le trek mythique d’Islande (55km), un des 20 plus beaux treks d’Europe d’après le National Géographic, et le Fimmvörduhals (27km) est connu comme étant son extension plus « alpine ». Certains touristes viennent en Islande uniquement pour faire la randonnée qui sert aussi d’ultra-trail une fois par an. Nous ne pouvions donc pas manquer ça !

Le trek au sud de l’île (3)

Après avoir préparé nos sacs à dos et déposé nos vélos dans le garage souterrain de notre ami Haraldur à Reykjavik, nous sommes donc partis pour une semaine de trek en autonomie, entre Landmannalugar et Skogar !

Préparation des sacs à dos avant le départ. 16kg chacun sur le dos… On ne voit plus Max..

Le Laugavegur

Le Laugavegur: 55km (+1600m, -2000m) en 4 jours de Landmannalugar à Thorsmork

Tout le long du trajet, nous avons croisé des paysages hors du commun dont la variété nous a bluffés ! Après être passés sur des collines colorées, des terres volcaniques fumantes et des montagnes enneigées, nous avons aussi traversé un désert, des vallées arides avec à l’arrière plan un glacier ou encore longé des petites rivières fleuries et des canyons d’une profondeur qui donnent le vertige !

Le point commun de tous ces paysages: leur étendue grandiose. A chaque fois, c’est comme la découverte d’un autre monde qui s’ ouvre sous nos pieds ! La preuve, c’est que les photos sans étalon ne rendent pas du tout l’impression de grandeur qu’on a pu expérimenter…Du coup, pour juger de l’immensité des paysages, je vous propose un petit jeu: retrouver les personnes/objets étalons (mentionnés en légende) des photos suivantes 😉

On commence par un étalon facile, et quel bel étalon 😂, face à l’immensité du désert volcanique… Où est Maxim?
La petite ferme
Maxim
Un promeneur
Un couple de promeneurs
Le groupe de bâtiments du campement du 3ème jour
La seule maison qu’on a vue durant tout le trek

Une des particularités du trek c’est aussi les franchissements de rivières de glaciers. Parfois, il y a des ponts mais à plusieurs endroits, nous avons posé les sacs et changé de chaussures pour nous enfoncer dans la rivière glaciale… Je vous rassure, l’eau est restée sous le genoux mais cela peut monter jusqu’aux hanches en fonction de la température et des intempéries…quoi qu’il en soit, c’était froid !

Première traversée dans l’eau. We did it!
La dernière rivière glacière que nous avons franchie descend par définition du glacier et se jette directement dans la mer quelques kilomètres plus bas

Partir en autonomie ça veut dire porter sa maison sur le dos avec la cuisine, la salle de bain et la chambre… Bref on compte le ratio poids/kcal. Au menu de ces quelques jours: porridge à l’eau avec un mix de noix et abricot sec au déjeuner, poisson séché typique islandais et galettes de riz au dîner et repas liophilisé au souper… Pas très folichon pour les gastronomes que nous sommes mais quand on se dépense, on mange avec davantage de plaisir le peu qu’on a ! 😋

Petit repas au campement du 3ème jour. Vous pouvez aussi admirer nos nouveaux bonnets en laine de moutons islandais 😉

En terme de météo, nous avons reçu le full package islandais! En effet, il a commencé à pleuvoir à la fin de la première journée. Nous avons du monter la tente dans le vent et la pluie battante et le froid au premier camping d’altitude. De quoi bien tremper. Mais on est chanceux que ça n’a été que les gants, merci veste et pantalon étanche de qualité 😜 Ici en Islande, le mot d’ordre météo (qui est quasi imprévisible), c’est: Espère le meilleur et prépare toi au pire ! Après un second jour de pluie légère continue, nous avons eu beaucoup de chance pour la suite du trek qui s’est déroulé sous un beau ciel bleu 😇

Vue du campement de la première nuit
Le matin, nous avons eu quelques minutes de répit pour faire quelques photos avant une journée complète de pluie
Vue du deuxième campement
Après la deuxième nuit, le soleil ne nous a plus lâchés
Par tous les temps, une fois dans la tente, on est protégés de la pluie et du vent, bien au chaud et bien installés

De notre voyage à travers ces différentes contrées, on retiendra la diversité des couleurs naturelles, les impressionnants neve, les lacs surprises au détour d’un tournant, les cratères de fumée à l’odeur de souffre (tu vois cette vieille odeur de pet à l’oeuf? 😁)…

Après le Laugavegur, nous avions prévu de faire une pause d’un jour à Thosmork vu que tout le monde avait l’air de dire que s’arrêter au sommet du Fimmvörduhals n’était pas possible et qu’il était possible de faire l’étape en un jour. Malheureusement, Max s’est blessé le pied le soir de notre arrivée en marchant pied nu sur une sardine de tente. Rien de grave mais douloureux sur le moment. Nous avons donc décidé de rester là un deuxième jour en espérant qu’il pourrait marcher le lendemain. Et nous avons bien fait car le repos était nécessaire avant de se lancer dans une étape de près de 30 km!😜 Si un jour vous faites ce Trek, plantez la tente au sommet et faites cette étape en deux fois, il n’y a aucun soucis pour planter là-hait près du refuge.

Une pause au camping, le temps pour Annemich de passer une journée face à un puzzle de 1000 pièces 😅

Le Fimmvörduhals

Le Fimmvörduhals: 27km en 1 jour (+980m et -1200m) de Thorsmork à Skogar

On est donc repartis gonflés à bloc pour passer le col qui a la particularité de séparer deux glaciers.

Vue sur la plaine de Thorsmork
Chemin d’arrête, Annemich n’était pas aussi à l’aise qu’elle n’y paraît sur la photo
750m plus haut… On voit d’où on vient !
Et il faut encore monter là-haut !
Petite portion technique à flan de falaise

Après le col entre les deux glaciers nous attendait une plaine de lave et de neige. Il s’agit du fameux volcan qui a bloqué l’espace aérien européen en 2010, tant son nuage était immense et épais.

Une fois basculés de l’autre côté, nous avons eu droit à un spectacle hors du commun: une succession de cascade dans la rivière glacière Skoga jusqu’à la célèbre Skogafoss où nous attendait le camping et le bus pour rentrer le lendemain !

Arrivée à Skogafoss !

Le bus pour Reykjavik faisait une pause de 7 heures à Hvosvöllur. Nous en avons profité pour jouer dans la plaine de jeux avec nos nouveaux amis américains, Brian et Caitlin, et visiter le Lava Center!

Arrivés à Reykjavik, nous avons reposé nos guiboles quelques jours pour pouvoir remonter sur nos vélos dès ce mardi.

À très bientôt,

Annemich et Max

En mode touriste

On a eu la chance de trouver, via le réseau warmshowers, un endroit où faire une pause hors tente. Après un jour on nous a proposé un deal assez simple avec la famille qui nous accueillait, famille polonaise implantée à Reykjavik depuis 12 ans: On dort gratuit chez Thomas et Izabella autant qu’on veut si après 20h on est de retour à la maison pour faire du babysitting pour Sarah, deux ans, pour qu’ils puissent sortir en couple (ce qui ne leur était plus arrivé depuis 1 ans et demi avec le covid)…En sachant qu’à Reykjavik, la chambre d’hôtel la moins chère est à 150€ et que Sarah dort de 19h30 à 7h30, on a passé plusieurs jours là-bas.

Hallgrimskirkja, église devenue le symbole de la ville. Architecture inspirée des paysages islandais

Après s’être reposés au chaud à Reykjavik, la capitale, petite ville de 200 000 habitants assez attrayante pour sa vie nocturne et ses nombreuses façades décorées de Street art, on s’est mis en mode « touriste » et on a fait ce que tous les touristes font…

Boulangerie Braud&Co, les meilleurs croissants, pains au chocolat et roulés à la cannelle de tout le voyage !

Nous sommes partis à la rencontre du volcan Fragadaksfjall au sud de Reykjavik qui est en activité depuis quelques mois (NB: ce n’est pas ce volcan qui a bloqué l’Europe il y a quelques années)…Vu qu’on en avait l’occasion, on a laissé quelques kilos de bagages superflus chez nos nouveaux amis, de quoi partir beaucoup plus légers…

Partis à la rencontre du volcan en suivant la gravel road 428

En chemin, nous avons emprunté une route de gravel sur une vingtaine de kilomètres pour nous tester un peu pour les highlands.

Pas de doute, nous sommes en terrain de rallye… Ce « camper truck » suisse descend la route prudemment , malgré sa configuration Paris-Dakar
Pour nous c’est plutôt monter qui est compliqué
Et comme ça arrive quand même souvent que mon vélo tombe quasi à l’arrêt, on a voulu immortaliser le moment
Les pistes de gravel en Islande, ce sont les anciennes routes dont le tracé n’a pas été choisi pour être tarmaqué. La plupart sont faites d’amas de pierraille volcanique tassée par le passage des voitures 4×4

Cette route  qualifiée de « scénique » pour ses paysages traversés valait bien les dénivelés et portions techniques parcourus!

Quel bonheur ces étendues géantes avec très peu de passage!
Au détour d’un tournant, on a trouvé un petit lac, juste de quoi remplir nos gourdes pour la suite
Parfois, une image vaut mieux qu’un long discours

Arrivés au pied du volcan vers 20h, ayant retrouvé Steffen&Meike, nos amis allemands de la première semaine, nous avons décidé de nous lancer à l’assaut de la marche d’approche (2h) pour profiter du léger assombrissement du soir et espérer voir le volcan en éruption…

En route vers le volcan avec Steffen et Meike

Arrivés sur le site, on fait face aux coulées récentes de lave sèches et refroidies en surface, fumant encore par endroit. Cette masse noire s’étend comme un ras de marrée figé qui a tout emporté sur son passage (grava, pierres, rochers,…)

Même si ça fume encore, la surface est bien sèche et froide

Au sommet de l’acsenssion nous attendait une vue ouverte sur tout le site et une vue directe sur l’ébullition de lave à l’intérieur du cratère actif. Une belle coulée de lave s’écoulant sur la droite, on a pu se rendre compte du rythme de l’avancée de lave sur le temps qu’on est restés.

On prend un peu de hauteur jusqu’au sommet à 300m d’altitude
De là, le panorama nous rappelle qu’on est sur une île

On aurait pu regarder le volcan toute la nuit tellement le spectacle est envoûtant ! Nous sommes super contents d’avoir eu plus de chance qu’à l’Etna (le lendemain, l’éruption était deja bcp plus faible et le surlendemain la météo empêchait de voir le cratère). Nous sommes quand même partis vers 00h30 en direction du camping le plus proche pour terminer de planter la tente vers 3h du matin. Une très longue journée fatiguante mais si riche en découverte !

Très contents d’avoir eu la chance de voir le volcan en éruption

Le lendemain, programme moins chargé: on laisse nos bagages au camping de Grindavik et on part voir le « pont entre 2 continents » où l’on peut se rendre compte de l’écartement des deux plaques tectoniques continentales américaine et européenne, qui gagne 2cm/an.

Max en Europe, photo depuis l’Amérique 😁
La faille intercontinentale qui grandit de 2cm/an
Max en Amérique

Après ça, on a fini la journée par la visite du lieu iconique du Blue Lagoon ! Comme son nom l’indique il s’agit d’un lagon d’une eau laiteuse bleue chargée en minéraux dont du silicate, d’une température entre 37-40 degrés. Historiquement connue pour ses bienfaits pour la peau, une partie du lagon a été aménagée en centre thermal et accueille les touristes du monde entier pour un prix pas tout à fait démocratique 😜 La plus grande attraction touristique du pays, on ne pouvait pas passer à côté sans s’y plonger aussi 😋

Dans la région du Blue Lagoon, il y a beacoup d’usines d’exploitation geothermale. Il faut savoir que 87% de l’eau chaude utilisée sur l’île (notamment pour chauffer les maisons) provient de ce genre d’exploitation

Sur le chemin du retour vers Reykjavik, nous avons fait une pause au site de Setlun, zone geothermale active avec des flaques d’eau bouillonnant entre 80 et 100 degrés et des envolées de fumées sulfurisées qui rendent l’atmosphère très mystique. La palette de couleurs prèsente tout autour force à croire que la nature est bien faite 😊

Au final, on aura fait encore une jolie promenade à vélo !

En route pour retourner à Reykjavik et préparer la suite

On pense fort à vous,

Annemich